Le graffiti : quand l’écrit investit la rue

Publié le 11.01.2019
Élément incontournable de notre environnement, le graffiti peut être défini comme une « inscription ou dessin griffonné sur les murs, les portes, etc., dessin analogue au tag (signature), mais plus élaboré, tracé le plus souvent à la bombe sur un support urbain. » [1]
Graffiti rue de Reuilly (12e arr.)


Loin d’être un simple élément du décor, le graffiti peut être considéré comme une pratique scripturale à part entière, du fait de ses caractéristiques graphiques (tracé des lettres, codes esthétiques) mais surtout de la nature de son support (les murs, la rue, l’espace public). En effet, les graffiteurs transforment l’environnement en espace de lecture à ciel ouvert, où les passants sont quotidiennement exposés aux messages et slogans inscrits.

Depuis l’Antiquité, le graffiti est un moyen d’expression qui témoigne de la vie quotidienne et des événements historiques. Vecteur d’une parole libre, impertinente, souvent anonyme, il transforme le mur en manifeste, qu’il soit dénonciateur, revendicatif, poétique, humoristique ou même amoureux.


Mai 68, « Les murs avaient la parole »


Le contexte des révoltes de mai 68 en France, a favorisé le développement de moyens de contestation par la communication visuelle, notamment les graffitis, prônant des slogans devenus célèbres tels que : « Écrivez partout », « Sous les pavés la plage », « L'imagination prend le pouvoir », « L'action ne doit pas être une réaction mais une création », « Prenez vos désirs pour la réalité », « L'âge d'or était l'âge où l'or ne régnait pas.  Le veau d'or est toujours de boue. »…

Slogan mai 68


De nos jours, les peintures aérosol et les marqueurs ont remplacé les gravures murales de l’Antiquité et les graffitis relèvent d’une forme d’art reconnue. En effet, depuis les années 60, de nombreux artistes se sont intéressés à l’art urbain et clandestin qui a, à présent, trouvé sa place dans les galeries et musées.


[1] Le Grand Robert, 2018, Éditions Le Robert.