Quand le cinéma nous parle

Publié le 26.01.2018
Dès les débuts du cinéma muet, le 7e art a toujours fait la part belle à la parole. Par les gestes et les intertitres, puis par les dialogues, la parole y est omniprésente. Certains films en ont même fait leur thème central. Petit florilège de longs-métrages qui mettent la parole à l’honneur.
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Le cinéma muet

La parole est déjà au cœur du cinéma muet. Paradoxalement, elle est omniprésente à l’image à travers les gestes très évocateurs des personnages ainsi que dans les intertitres et la musique utilisée. La parole sous cette forme sollicite le spectateur d’un point de vue physique : elle induit un regard et une écoute spécifiques. Le Club des Trois de Tod Browning (1925) et Queen Kelly d’Erich von Stroheim (1928) sont des illustrations particulièrement parlantes de films muets dans lesquels la parole apparaît comme une constituante principale et dont la place fut au préalable pensée par les réalisateurs.


12 hommes en colère de Sidney Lumet (1957)

La capacité à convaincre est le pivot de ce long-métrage. Un jeune homme d'origine modeste est accusé du meurtre de son père et risque la peine de mort. Le jury composé de douze hommes se retire pour délibérer et procède immédiatement à un vote : onze votent coupable, or la décision doit être unanime. Le juré qui a voté non-coupable, sommé de se justifier, explique qu'il a un doute et que la vie d'un homme mérite bien quelques heures de discussion. Il s'emploie alors à les convaincre un par un de l’innocence de l’accusé.


Ridicule de Patrice Leconte (1996)

Grégoire Ponceludon de Malavoy, jeune aristocrate désargenté et candide, arrive à la cour de Louis XVI à Versailles afin d'obtenir les moyens d'assécher les marais de la Dombes, sources d'épidémies qui déciment les familles de ses paysans. Il participe à cette vie où l'honneur et les mots d'esprit, si possible méchants, sont le centre d'une effervescence raffinée et décadente. Tout au long du film, parole et éloquence font et défont les destinées de manière parfois tragique.


« The great debaters » de Denzel Washington (2007)

Basé sur une histoire vraie, le film raconte les efforts du professeur Melvin B. Tolson pour entraîner l'équipe noire de débatteurs du Wiley College, dans le Sud des États-Unis des années 1930 marqué par la ségrégation raciale. Dans le film, l'équipe de l'université de Wiley débat face à l'université de Harvard et remporte le tournoi. Le film explore également les questions sociales au Texas lors de la Grande Dépression, en particulier les insultes et les affronts dont sont victimes les Afro-Américains.


Le discours d’un roi de Tom Hooper (2011)

C’est cette fois l’importance de la parole politique qui se trouve au cœur du film. Il raconte l’histoire du père de l’actuelle Reine Elisabeth II d’Angleterre, qui va devenir, le Roi George VI, après l’abdication de son frère Édouard VIII. Fragilisé par son incapacité à s’exprimer en public et considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme et affrontera ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage aux méthodes peu conventionnelles. Il devra maîtriser son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie.


Les Roses noires d’Hélène Milano (2012)

Coralie, Kahina, Moufida, trois adolescentes âgées de 13 à 18 ans, vivent en banlieue parisienne ou dans les quartiers nord de Marseille. Dans ce documentaire, elles interrogent leur rapport au langage, revendiquant leur particularité en tant que femmes dans une cité et l’attachement à l’identité d’un groupe, mais témoignent aussi de la blessure liée au sentiment d’exclusion. Et puis, au sein de leur quartier, au-delà des mots des garçons qu’elles s’approprient comme un masque qui les protège, elles dévoilent les enjeux intimes de cette stratégie langagière.


À Voix Haute - La force de la parole de Stéphane De Freitas (2016)

Ce documentaire raconte l’aventure « Eloquentia », un concours d’éloquence qui se déroule chaque année à l’Université de Saint-Denis et vise à élire « le meilleur orateur du 93 ». Des étudiants de cette université, issus de tous cursus, décident d'y participer et s'y préparent grâce à l’aide de professionnels (avocats, slameurs, metteurs en scène...) qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public.

Au fil des semaines, Leïla, Elhadj, Eddy et leurs camarades vont apprendre les ressorts subtils de la rhétorique et s’affirmer, se révéler aux autres et surtout à eux-mêmes.


Le Brio d’Yvan Attal (2017)

Les concours d’éloquence sont également au cœur de ce long-métrage. Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à l’université parisienne d’Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. À la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin, s’ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés.