Les conteurs, passeurs d’une tradition orale

Publié le 26.01.2018
Le conteur a une mission très spécifique, celui d’éveiller l’imaginaire de son auditoire à partir d’évocations, d’images puissantes tout en respectant une cohérence narrative. Bien rares sont ceux qui détiennent ce précieux savoir-faire. En effet, il ne suffit pas de réciter un texte ou bien de le lire à voix haute. Il ne s’agit pas non plus d’une performance scénique où le conteur tire la vedette au détriment de l’histoire contée.
© Christian Nitard - Muséum de Toulouse

Héritier d’une longue tradition, descendant des rhapsodes grecs puis des troubadours du Moyen-Âge, le conteur moderne n’a plus vocation à transmettre certains rites religieux ou construire une identité culturelle, mais conserve toujours la même fonction sociale.

Il crée d’abord des liens conviviaux au sein d’une communauté, se produisant sur des lieux de rencontres. Il transmet ensuite des valeurs de vie, aide à différencier le bien et le mal, et avertit enfin de certains dangers encourus par la communauté. En cela, le rôle du conteur dans l’éducation des enfants n’est plus à démontrer. En revanche, on ne peut le réduire à un simple « conservateur du patrimoine » car en mobilisant l’imaginaire du public, il permet à chacun de s’approprier l’histoire racontée de manière personnelle.


Un patrimoine culturel vivant

En France, une large place est aujourd’hui accordée aux conteurs. Il existe un réseau important d’artistes conteurs, qui ont souvent pignon sur rue lors de grandes manifestations culturelles et festivals littéraires. On les reçoit aussi dans les écoles, souvent dans les bibliothèques, pour faire rêver petits et grands.

Si les premiers conteurs partageaient leurs histoires dans un cadre familial ou de voisinage lors de veillées rurales, ils n’hésitent pas aujourd’hui à monter sur scène.

Parmi les conteurs francophones célèbres : Pépito Matéo, Yannick Jaulin, Catherine Zarcate, mais aussi Fred Pellerin et Éric Gauthier, plus jeunes, qui prennent la relève.