Histoires de bulles, quand l’eau rencontre la bande dessinée

Publié le 03.03.2020
L’eau est omniprésente dans la bande dessinée. En effet, les bulles, contenant les paroles ou pensées des personnages reproduites au style direct, sont une composante essentielle de ce genre littéraire. Mais l’eau est aussi parfois source de sujet ou de décor pour le 9e art.
Lucky Luke

L’année de la BD

L’année 2020 est placée sous le signe de la bande dessinée, art singulier à la croisée du texte et de l’image. Le ministère de la Culture, le Centre national du livre (CNL) et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBD) souhaitent mettre en lumière le 9e art et renforcer son ancrage dans le paysage artistique et culturel français. C’est aussi l’occasion de témoigner du profond attachement des Français à la bande dessinée.

Dans les musées et les monuments historiques, les cinémas et les théâtres, les bibliothèques et les librairies, les festivals et les salons littéraires, les Français peuvent participer à de grandes expositions, à des événements phares, à des cycles de rencontres ou encore à des colloques thématiques.

Cette année offre toutes les clefs pour découvrir, comprendre, aimer et faire aimer cet art riche et polyphonique !

Plus d’informations sur www.bd2020.culture.gouv.fr

Logo BD 2020

La bande dessinée au fil de l’eau

Les légendes, les épopées maritimes ou encore les aventures à bord d’un bateau abondent dans la bande dessinée francophone. En voici une sélection variée.

L'Énigme de l'Atlantid [1], septième album de la série Blake et Mortimer scénarisée et dessinée par Edgar P. Jacobs, s’appuie sur la légende de la mythique cité disparue. Le capitaine Blake accompagné de son fidèle ami, le professeur Mortimer, découvre l’Atlantide, réfugiée dans les entrailles de la Terre, alors qu’ils étaient partis pour une expédition spéléologique au large des Açores.

Dans la série Lucky Luke, de Morris et René Goscinny, En remontant le Mississippi [2] met en avant le fleuve éponyme. Deux capitaines de bateau à vapeur, le capitaine Barrows de la Daisy Belle et le capitaine Lowriver de l’Asbestos D. Plower font une course sur le Mississippi pour gagner le monopole de la circulation sur ce fleuve. Barrows engage Lucky Luke pour le protéger des manigances de son rival. Les aléas que comportent la navigation sont également décrites dans cet album : crues, sécheresse, obstacles, etc.

Logo de la bande dessinée En remontant le Mississipi

Publiée de 1979 à 1992, la série Marine [3], réalisée par François Corteggiani (scénario) et Pierre Tranchand (dessin), se déroule durant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Marine, fille orpheline d'un pirate de renommé, disparu, navigue à travers le monde en compagnie de son chien Pépito et d'anciens flibustiers amis de son père.

Barbe-Rouge [4] est une série de bandes dessinées franco-belge de Jean-Michel Charlier (scénario) et Victor Hubinon (dessin). Ces ouvrages embarquent le lecteur à bord du Faucon Noir, le vaisseau du pirate Barbe-Rouge, qui, sous le surnom de « Démon des Caraïbes », sème la terreur sur les sept mers au temps de la flibuste.

Le Schtroumpfeur de pluie [5], seizième histoire de la série Les Schtroumpfs créée par Peyo, met en scène le Schtroumf bricoleur qui crée une machine pour établir le temps qu'il souhaite. Pendant que les Schtroumfs profitent d’un pique-nique dans la forêt, le Schtroumpf poète et le Schtroumpf paysan, restés seuls au village, dérèglent la machine durant une dispute. Le temps devient alors très variable et passe de la canicule au gel, du déluge à la tempête, de la neige à la grêle.

Plus contemporaine est la bande dessinée Terre Neuvas [6] de Christophe Chabouté où le lecteur est immergé dans les conditions de vie extrêmes des marins bretons du début du XXe siècle, dans une ambiance à la fois captivante et inquiétante. Alors que plus d’un mois s’est écoulé dans le désert maritime, l’un des membres de l’équipage de la goélette la Marie-Jeanne est retrouvé poignardé. 

Concours jeunes talents francophones de la bande dessinée

La Semaine de la langue française et de la Francophonie s’allie à l’année de la BD par un concours de jeunes talents francophones de la bande dessinée sur la thématique de l’eau.

Ouvert aux jeunes créateurs (de 18 à 25 ans) issus des pays francophones des cinq continents, ce concours demandait aux participants de créer une histoire inédite en une ou deux planches illustrant une brève histoire d’eau et en s’inspirant du bouquet de dix mots [7].

Les lauréats ont été sélectionnés pendant le festival d’Angoulême par un jury composé par les différents partenaires (CIBDI, France Médias Monde, TV5MONDE, AEFE, DGLFLF). Le prix sera remis pendant La Semaine de la langue française et de la Francophonie par Paul de Sinety (délégué général) et Pierre Lungheretti (directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image) ; lieu à préciser suite à l’annulation du Salon Livre Paris.

Logo du Concours des Jeunes talents francophones de la bande dessinée

[1] Edgar P. JACOBS, L’Énigme de l’Atlantide (Éditions du Lombard, 1957)

[2] René GOSCINNY et MORRIS, En remontant le Mississippi (Dupuis, 1961)

[3] François CORTEGGIANI et Pierre TRANCHAND, Marine, 9 tomes (Hachette, 1984 à 1992)

[4] Barbe-Rouge, 35 tomes (Dargaud, 1961 à 2004)

[5] PEYO, Le Cosmoschtroumpf (Dupuis, 1970)

[6] Christophe CHABOUTÉ, Terre Neuvas (Vents d’Ouest, 2009)

[7] Aquarelle, à vau-l’eau, engloutir, fluide, mangrove, oasis, ondée, plouf !, ruisseler, spitant