Le mook, une nouvelle forme d’écriture journalistique

Publié le 22.02.2019
Né à la fin des années 2000, le mook est un média d’un genre nouveau qui s’inspire de l’esprit des romans graphiques pour se réinventer. Revue hybride qui oscille entre journalisme et littérature, le mook fait la part belle au reportage long autant qu’à l’illustration visuelle du propos, proposant, du même coup, une nouvelle forme d’écrit journalistique.


Le premier numéro de la revue trimestrielleXXI est paru en 2008 à l’initiative de Laurent Beccaria. Comme le résume parfaitement Valérie Nahon :

« […] les récits sont illustrés par des dessins, et non par des photos. La relation qui s’installe entre le texte et l’image est de l’ordre de l’illustration littéraire : le dessinateur part du texte et joue pleinement le jeu de l’auteur. Cette particularité participe à ce côté « hors norme », ça représente une vraie transgression dans la forme instituée du reportage. » [1]


Le titre 6 mois, également pensé par Laurent Beccaria, a suivi quelques années plus tard. Avec pour ligne directrice « Le XXIe siècle en images », 6 mois partage avec XXI cette même volonté de mettre la forme – soit les illustrations – au service du fond. La différence ? La nature même de l’image puisque ce n’est ici pas le dessin mais bien la photographie qui occupe l’espace et étaye le propos. Les textes sont ainsi principalement là pour introduire les nombreuses photos qui illustrent chacun des reportages présentés.

Qu’il s’agisse de superbes photos ou de dessins travaillés, les visuels exposés dans ces deux revues – qui en font l’essence même – transforment 6 mois et XXI en de beaux objets en soi que l’on collectionne et expose. Leur succès prouve l’efficacité, auprès des lecteurs, de ces nouvelles formes journalistiques.


[1] Valérie Nahon, chercheuse à la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) - http://dailyscience.be/24/02/2015/quel-est-le-secret-du-succes-des-mooks/