Des tablettes d’argile aux tablettes numériques

Publié le 11.01.2019
Tout système d'écriture repose sur un rapport étroit entre l'image et le langage, associant phonation et graphie. C'est probablement dans la Préhistoire, période à laquelle apparaissent les premières expressions graphiques, que doivent être recherchées les origines de l'écriture qui évoluera jusqu’à produire nos formes d’écritures contemporaines.
© Marie-Lan Nguyen
Contrat de vente de terre, tablette d'argile sumérienne, vers 2600 av. J.-C conservée au musée du Louvre.


C’est en Mésopotamie que serait apparue l’écriture, vers l’an 3000 avant notre ère : pour la première fois, un système organisé de logogrammes (des dessins correspondant à une notion ou à une suite phonique constituée par un mot) et de phonogrammes (des signes graphiques représentant un son) permet de reproduire la pensée sur des tablettes d’argile encore fraîches. Vers 1700 avant Jésus-Christ apparaissent peu à peu des textes plus ambitieux comme l’Épopée de Gilgamesh, la plus ancienne œuvre littéraire que nous connaissions. Ce récit, qui retrace la vie d’un roi de légende, est gravé sur pas moins de onze tablettes.


Les Égyptiens inventent bientôt un support plus pratique : le papyrus, qui apparaît vers l’an 2000 avant Jésus-Christ. C’est sur ces fines feuilles faites de roseaux que les scribes dessinent les hiéroglyphes sacrés, mais surtout l’écriture hiératique, hiéroglyphes simplifiés, plus adaptée à l’écriture manuscrite. Et c’est également sur du papyrus importé d’Égypte que les Grecs et les Latins vont consigner leur riche littérature. Les premiers ouvrages ont ainsi la forme insolite de rouleaux, les volumina (au singulier : volumen, d’où le terme « volume »). Mais le volumen ne survit guère à l’Empire romain. Peu pratique à manier, il est à la fin de l’Antiquité remplacé par le codex : pour la première fois, les feuilles sont pliées et reliées les unes aux autres.


La naissance de l’écriture contemporaine

Durant les premiers siècles du Moyen Âge, les moines sont presque les seuls à perpétuer la tradition écrite dans les scriptoria. On écrit désormais sur du parchemin, nettement plus solide que le papyrus, puisqu’il est réalisé à partir de peaux d’animaux. Leurs manuscrits s’enrichissent alors d’enluminures.

Après l’an mille, dans les villes occidentales en plein essor, apparaissent des ateliers d'« escrivains » non religieux. Les libraires qui les dirigent essaient de réduire le coût des livres. C’est ainsi qu’au XIIIe siècle, venant de Chine, est introduit en Occident le papier, qui s’obtient en réduisant en bouillie de vieux chiffons.


Après bien des expérimentations, le premier à parvenir à imprimer un livre est un Allemand : Johannes Gutenberg. En 1450, dans son atelier de Mayence, il met au point le procédé de l’imprimerie : sa presse à bras permet de reproduire, sur papier, la forme de caractères métalliques préalablement encrés. Le premier livre ainsi imprimé, la Bible à quarante-deux lignes, dite Bible de Gutenberg, paraît en 1454. Un premier livre imprimé qui sera rejoint, quelques siècles plus tard, par son équivalent numérique sur tablette et liseuse.